A l’occasion de la présentation de la 16ème édition du Baromètre du Numérique commandité par l’Arcep, le Conseil général de l’Economie, et pour la première fois par l’Agence du Numérique, Axelle LEMAIRE, Secrétaire d’Etat chargée du Numérique et de l’Innovation, a présenté ce matin des indicateurs sur la dématérialisation des services publics (utilisation des services dématérialisés par les citoyens, motifs de non utilisation, attentes vis-à-vis des pouvoirs publics).

sivic1Les résultats du baromètre montrent un écart entre les opportunités suscitées par le numérique et la fracture sociale qu’il crée dans les territoires. L’année 2016 reflète une confiance limitée des français dans le numérique : alors que 87% des citoyens se connectent tous les jours à Internet, seul 37% d’entre eux se sentent « confiants » dans son utilisation, un chiffre en baisse par rapport à 2015. Et si 85% des français disposent d’une connexion internet à domicile, encore 21% de cette tranche de la population ne se sent pas à l’aise pour l’utiliser.

L’utilisation des démarches administratives et fiscales en ligne est en nette progression avec 62% des français utilisateurs de ces services (contre 53% en 2015). Pourtant, plusieurs facteurs freinent l’utilisation d’une part de la population et renforce la fracture sociale. Le baromètre démontre la difficulté pour les personnes non-diplômées ou à bas revenu à effectuer des démarches en ligne.

La sécurisation des données personnelles apparaît également comme un facteur d’inquiétude pour 27% des français.

Dans une société qui se numérise de plus en plus, la nécessité de rendre le numérique accessible à tous les citoyens monte au premier rang des priorités de l’Agence Numérique. Afin de lever les freins identifiés par ce baromètre, l’Agence Numérique met en place le programme « Société Numérique » à travers quatre leviers d’action :

  • Le développement de schémas directeurs des usages et des services numériques, dans la continuité du déploiement des infrastructures très haut débit, permet aux collectivités d’élaborer leur stratégie en matière de développement de nouveaux usages et services numériques sur leurs territoire.
  • Le lancement de la coopérative des acteurs de la médiation numérique qui rassemble les acteurs de la médiation numérique, dispersés géographiquement et issus d’initiatives variées, dans l’objectif de mettre en oeuvre des actions généralisées à l’ensemble du territoire.
  • La mise en oeuvre d’un chèque numérique pour financer la prise en charge partielle ou totale des services de médiation numérique.
  • La création d’un laboratoire d’analyse et de décryptage du numérique pour renforcer l’information et la compréhension des usages numériques et orienter les politiques publiques.

En réponse aux difficultés financières des foyers les plus démunis, la loi du 7 octobre 2016 pour une République Numérique inscrit le droit au maintien de la connexion internet, un dispositif encore expérimenté par les départements de Seine-Saint-Denis et de Haute Saône et les quatre principaux fournisseurs d’accès à internet (Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free). Les ménages modestes de ces deux départements, qui ont des difficultés ponctuelles à payer leur facture d’internet pourront désormais demander une aide au Fonds de solidarité logement (FSL). Dans l’attente de sa réponse, ils disposeront d’un droit au maintien de leur connexion.